24.nov. 2006 | Source: Cameroon-Tribune ©
Economies africaines : front commun à Yaoundé
Par Rousseau-Joël FOUTE
Le Cameroun abritera le siège du Fonds monétaire africain.C’est l’une des principales résolutions de la 2e conférence des ministres africains de l’Economie et des Finances tenue hier à Yaoundé.
En clôturant hier au palais des Congrès de Yaoundé les travaux de la 2e conférence des ministres africains de l’Economie et des Finances (CAMEF II), qui a vu la participation de quelque 40 Etats membres de l’Union africaine, le Premier ministre, chef du gouvernement, Ephraim Inoni, s’est réjoui d’une bonne nouvelle. Il a notamment remercié les ministres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) d’avoir accordé l’honneur au Cameroun d’abriter le siège du tout nouveau Fonds monétaire africain (FMA). Ce soutien apporté au Cameroun par la région Afrique centrale a été entériné par l’ensemble des ministres participants à la CAMEF II. Il faut préciser à ce sujet que le siège du FMA était réservé à la région Afrique centrale et à l’issue des consultations tant bilatérales que multilatérales, le consensus s’est fait autour du Cameroun pour abriter le siège de cette institution panafricaine.
A côté de la Banque centrale africaine (BCA) et de la Banque africaine d’investissement (BAI), le FMA fait partie des institutions financières africaines dont la création est prévue par l’article 19 de l’Acte constitutif de l’Union africaine. Le FMA a pour vocation d’aider les Etats membres de l’Union africaine à combler le déficit de la balance des paiements, à promouvoir la coopération monétaire et à assurer la discipline et le contrôle financier.
Dans la Déclaration de Yaoundé, les ministres ont demandé d’accélérer le processus de création de ces trois institutions.
Les travaux de la CAMEF II, ouverts lundi dernier par la réunion des experts, ont également été marqués par un échange de vues sur les questions d’actualité économique africaine et sur les politiques de financement du développement. Les questions d’actualité sont la flambée des prix du pétrole, la situation de la dette extérieure des pays africains, le financement du développement, le commerce intra-africain, et l’accès aux marchés des pays du Nord par les produits africains. Il y a ensuite eu des échanges de vues avec les partenaires de l’Afrique que sont le FMI, la Banque mondiale et la BAD, sur les politiques de financement du développement.
Flambée du prix du pétrole
Au terme de leurs travaux, les ministres ont adopté une déclaration sur les voies et moyens à emprunter pour des solutions appropriées aux problèmes évoqués précédemment. Ils ont par exemple affirmé que les décisions portant annulation de la dette extérieure devraient être combinées avec l’accroissement substantiel des ressources concessionnelles pour mieux appuyer les efforts des pays africains pour la croissance et le développement durables.
Sur la flambée du prix du pétrole, les pays africains sont appelés à diversifier leurs sources d’énergie et leurs sources d’approvisionnement. Ils sont en outre encouragés à assurer la création, par la Commission de l’Union africaine, d’un fonds africain pour soutenir les pays pauvres importateurs de pétrole.
Concernant l’accès aux marchés des pays du Nord, les pays industrialisés sont invités à supprimer les barrières tarifaires et non tarifaires qui empêchent les pays africains d’accéder à leurs marchés. Ils devraient, poursuivent les ministres africains de l’Economie et des Finances, prendre les mesures idoines pour abandonner, sans délai, les subventions accordées à leurs productions, pratiques jugées préjudiciables à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement.
Sur l’aide au commerce, les ministres ont lancé un appel pour la reprise immédiate des négociations de l’OMC pour le programme de développement de Doha. Ils se félicitent de l’initiative de l’OMC portant sur la mise en place d’une structure dite " aides au commerce " et entérinent la position commune africaine adoptée à ce propos. Le Premier ministre, chef du gouvernement du Cameroun, a invité les ministres africains à sensibiliser leur chef d’Etat pour mettre en place un mécanisme de suivi de ces recommandations.
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